« Le côté subversif du rock n'existe plus » Laurent, Sleeppers
Entretien par Maggy Ledent
1. « Keep Focus » sort six ans après « Signals from the Elements » (2006) que s'est il passé pendant cette longue période ?
- Laurent (basse) : Ce n'était pas calculé. On a tourné quand même pendant deux ans pour « Signals from the Elements », les derniers concerts ont été donnés début 2008. Nous avons eu envie de faire une petite pause pour se consacrer chacun à nos projets parallèles et les défendre comme ASPO (ndlr. Collectif de musique bordelais). Puis en 2009, l'association Jean Vigo qui organise le printemps des cinés-concerts à Bordeaux nous a invité. C était la première fois qu'elle demandait à un groupe de participer et de tourner en France. Nous avons joué entre vingt cinq et trente dates avec eux pendant deux ans. Et voilà le temps passe...
- Mamu (guitariste/chant): Nous ne nous sommes pas arrêtés au contraire. Nous nous sommes enrichis d'expériences et quand l'heure de se retrouver est arrivée, nous nous sommes réunis. De toute façon, il n’y avait pas d'attente spéciale. On aurait pu sortir cet album aussi bien il y a six ans que dans quinze ans.
2. Le ciné-concert est une expérience qui vous a fortement marqué mais pourquoi avoir choisi « Dr Jekyll et Mr Hyde » ?
Mamu : C'est eux qui nous l’ont imposés. Ils ne t'obligent pas à accepter mais ça serait dommage de refuser car tu touches quand même une compensation et comme c'est leur projet, tu travailles dans des bonnes conditions. C'était une expérience fabuleuse. Depuis longtemps, nous tendons la perche à des artistes pour des projets vidéo. Nous savons que notre musique très atmosphérique pourrait se coller parfaitement à de l'image. Mais jusqu'à aujourd'hui personne ne nous a vraiment branché. Alors faites passer le message ! Si vous êtes artiste et que vous cherchez du son, on est là les gars !
3. Quel genre de film collerait bien avec l'ambiance de « Keep Focus » ?
- Mamu : Je ne sais pas, mais plutôt un film SF ou un polar noir, Carpenter ou autre.
- Laurent : un Tim Burton ou un Jeunet. Mais bon, c'est sûr que ça ne sera pas Amélie Poulain !
4. Pourquoi ce titre « Keep Focus », un terme aussi bien employé en musique qu'au cinéma et surtout une pochette très évocatrice, un clin d'oeil à votre nouvelle passion ?
- Laurent : La pochette de l'album rejoint notre côté fidèle. Il a été réalisé par Arnaud qui travaille avec nous sur les visuels depuis le deuxième album. On adore son boulot. On collabore souvent avec lui pour les pochettes. Sauf que cette fois nous n'avions pas d'idées et il nous a proposé ça. Donc ce n'est pas du tout réfléchi.
- Mamu : C'est marrant, je n'avais même pas fait le rapprochement ! Mais c'est deux univers totalement différent. Nous avons beaucoup travaillé pour le ciné-concert, nous avons aimé le faire et nous aimerions bien le refaire ! Un album, composer des morceaux c'est autre chose mais il est vrai que le lien existe, inconsciemment.
5. « Keep Focus » est un album plus accessible que les précédents avec une partie rock et l'autre plus noise qui se scinde ironiquement sur le titre « Divide », une volonté de votre part?
Mamu : Non, c'est un peu comme sur tous nos albums, il y a un titre charnière. La construction est toujours la même, des morceaux Sleeppers pure en début d'album pour accrocher l'auditeur puis ce titre transitoire qui te permet de basculer vers des compositions plus expérimentales.
6. « Keep Focus » est tout de même plus rock et brut que « Signal from Elements »...
- Laurent : Ce n'est pas réfléchi, c'est venu naturellement. Cependant, ce qui a sans doute joué, c'est que nous n'avons plus notre propre salle de répétition. Avant, nous nous réunissions quotidiennement chez Mamu ou chez moi. En terme de création on pouvait répéter trois à quatre fois par semaine et nous avions vraiment le temps de revenir vers les morceaux ou se prendre la tête sur tel ou tel passage.
-Laurent : Oui, effectivement, on nous l'a dit souvent.
- Mamu : Mais ça nous plaisait de le faire !
Laurent : Comme tous les artistes, nous avons un peu de mal à prendre du recul. Aujourd'hui, nous sommes obligés de répéter en sessions car nous devons payer la salle alors nous travaillons beaucoup plus dans l'urgence donc on se prend moins la tête.
7. Comment garder un son aussi percutant dans l'urgence ?
Mamu : Sans doute la maturité musicale et nos collaborations sur Keep Focus. Nous sommes plus direct et à même de savoir ce qui est efficace. Contrairement aux albums précédents, Fred Norguet, toujours aux manettes de la production, n'a pas eu besoin de trop découpé Keep Focus. Les pré-prods ont été acceptés tout de suite. Il n'a pas eu grand chose à dire sur l'ensemble de l'album. Avant, il pouvait vraiment couper dans le lard, par exemple avec un morceau il pouvait en faire deux ! Nous n'avions pas trop de recul et nous lui faisions confiance, maintenant nous savons directement ce qui est bien ou pas bien. Il n'y a pas trop de morceaux qui partent à la corbeille.
8. Garder Fred Norguet aux manettes vous a aidés à être plus efficace ?
- Laurent : Nous sommes fidèles à l'évolution du travail de Fred Norguet qui a beaucoup progressé ces dernières années. On se connaît aussi depuis très longtemps, c'est un ami très proche, on part en vacances ensemble. Sur l'ensemble du groupe, Fred est la seule personne autorisée à nous dire ce qui est bien ou pas.
- Mamu : En général quand il dit que ce n'est pas bien il a plutôt raison.
Laurent : L'album sonne comme ça aussi parce qu'auparavant pour Signal from Elements qui est plus sombre, le groupe était dans le même esprit
9. Pourtant le titre « Post Traumatic » est aussi très sombre...
- Laurent : Oui mais pas tant que ça finalement. Il est plus mélancolique que sombre. Mais ce sont surtout les morceaux de Raf qui font ça. Pour ceux qui connaissent, Raf a écrit « One » sur « Interaction », « Undone » et « Thrill » sur « Signal ». Il vient du de hardcore mélodique donc c'est un peu sa patte, ce qui prouve qu'il est vraiment bien intégrer dans le groupe. Mais il n'y a vraiment pas de calcul dans ce que nous faisons.
- Mamu : Peut être que pour le prochain on va se reprendre la tête pour un truc hyper dark, on verra. Ça dépend de l'état d'esprit du moment. Il y a six ans, nous étions dans un état d'esprit destructeur et sombre alors que maintenant où on est peinard dans nos baskets. Si dans un an, on se remet à faire un disque et qu'il y a quelque chose qui ne va pas, on sonnera différemment. Tu as beau essayé de calculer les choses, de te dire tiens je veux que ça sonne comme çi comme ça. Au moment où tu le joue et que tu le composes, comme on se connaît tous depuis longtemps, ça donne autre chose. C'est totalement inconscient. C'est comme de l'éléctro, t'as beau imaginé le morceau, si tu ne maîtrises pas le son et que tu es mauvais, ça reste mauvais c'est tout.
10. Revenons sur « Post Traumatic » et des extraits de radios après la chute du mur de Berlin. Pourquoi ces insertions ? Qui parlent ?
- Laurent :(Rires) Ah oui alors ça ce sont des samples que j'ai ajouté.
- Mamu : C'était pour coller à mon texte, où je parle un peu de la guerre froide suite à un voyage en Russie où j'ai vu des images de guerre dans un musée à Moscou. Je parle aussi de la guerre du Golfe où tout était son contrôle. Après Laurent et Fred, on chopé des samples pour les ajuster à mon texte.
-Laurent : Il y a Georges Bush dedans et le texte d'un philosophe russe que l'on a rentré dans l'ordi.
- Mamu : C'était surtout pour habiller le début du morceau.
Laurent : Ca parle vraiment du sujet que Mamu voulait aborder. C'est à dire qu'en Russie les gens sont un peu nostalgique de la guerre froide ce qui a développé des comportements bizarres et des dépressions. Je pense que c'est ce qui a surtout interpellé Mamu.
11. Vous adhérez à la pensée géopolitique commune veut que la Russie préfère l'ordre au chaos ?
- Laurent : Oui mais c'est vraiment ça. Je pense que c'était le sujet sous-jacent que Mamu voulait aborder et je suis parti là dessus pour les samples. Georges Bush père qui dit « Vous êtes libres » mais je pense que les russes n'ont pas du tout eu la même vision des choses. Ils ont une histoire avec le communisme qui est assez traumatisante. Sortir de je ne sais combien de siècles avec un tsar passé au communisme puis après tout ce que casse la figure.
- Mamu : Après il ne faut pas que ce morceau fasse polémique, ce n'est pas mon sujet.
12. Mais peut être peut-il illustrer en musique l'esprit de l'époque de 1989 que l'on ne retrouve pas dans les livres d'histoires.
Laurent : C'était un événement très politisé mais est ce qu'on s'est vraiment soucié de la population ? Ma future femme a une cousine qui habite à Berlin et qui est marié avec un allemand et nous parlons souvent de ce sujet là. Habiter à Berlin, c'est aussi avoir une connotation très forte par rapport au mur avec tout ces gens de l'Est qui ont retrouvés leurs familles de l'Ouest après la chute. Je pense que c'est une partie de l'histoire qui est très importante. C'est un peu comme nos grands parents qui ont vécu la guerre. Tu as du mal à imaginer ce contexte, on en parle mais tu ne peux pas te le représenter. Le titre « Post Traumatic » est une petite anecdote parce que Mamu a été marqué par son voyage perso mais il n'y a rien de polémique dedans.
- Mamu : Le titre est aussi très mélodique. A la base, c'est Raf qui devait le chanter mais finalement, il a laissé tombé, il n'avait plus envie.
13. Comment vous êtes vous retrouvés à collaborer avec Fishbone et Ez3kiel ? Vous les avez invités ?
Mamu : C'est toujours un peu nous qui invitons les gens en faite. C'est rarement le contraire.
- Laurent : Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas eu trop de refus ! On a de la chance quelque part.
- Mamu : On a toujours des morceaux qui se prêtent à des collaborations pour enrichir le son comme avec les Rageous Gratoons ou Reuino de Lofofora qui a prêté sa voix sur Signal. Ez3kiel est un groupe que l'on connaît depuis longtemps, nous sommes amis, nous apprécions leur univers et ils aiment bien notre son donc nous les avons branchés direct ! Dès que nous avons commencé à composer, on s'est dit que l'on avait un truc pour eux.
14. Vous avez composé « Divide » ensemble ?
- Laurent : Ce morceau là oui.
- Mamu : On est arrivés avec des riffs de gratte puis nous avons structurés et ils ont amenés leur patte.
- Laurent : Ce sont des supers gars. Nous sommes sur la même longueur d'ondes, nous avons la même vision des choses. Ils ont aussi commencés très jeunes. On se retrouve sur beaucoup de sujets notamment humanistes, ça fait un peu con de dire ça maintenant ! J'ai toujours l'impression de passer pour un vieux con. Bon on est un peu des vieux cons aussi !
- Mamu : Parle pour toi !
- Laurent : (Rires) Non mais toi à chaque fois tu te maques avec des jeunettes, c'est normal ! Je rigole ! Mais bon, c'est vrai qu'avez Ez3kiel, on s'est tout de suite bien entendu, nous sommes sur les mêmes valeurs. Au delà de la musique, ça a été un échange, je pense qu'on est vraiment devenu des amis très proches, j'espère que de leurs côtés aussi. C'est une très belle rencontre même si on se connaissait un peu avant.
- Mamu : Ils ont aussi l'habitude de collaborer, c'est aussi leur démarche. Finalement, je trouve qu'ils font beaucoup plus de choses en collaborations que juste avec le noyau dur d'Ez3kiel. Ils samplent aussi des voix ou des chanteurs, les cordes, les orchestres...ils sont en permanence en collaborations.
15. Vous aviez sorti un DVD « 15_597 Making Noises » pour vos 15 ans de carrière. Que comptez vous faire pour vos 25 ans dans trois ans ?
- Laurent : Déjà on a arrêté de compter les concerts !
- Mamu : Après ça dépend comme tu comptes les années ! Est ce que tu comptes la formation du groupe en 1989 ou la sortie du premier album en 1995 ! Je ne sais pas si nous referons un autre DVD. Nous allons déjà filmés les dates sur de cette tournée.
- Laurent : Autre chose, une petite astuce pour les sites internet, on a une page cachée ! Nous ne dévoilerons rien d'autre mis à part que c'est dans la pochette de l'album. Donc si vous n'achetez pas l'album, vous n'aurez pas les codes secrets ! Un peu à la Da Vinci Code sauf qu'ici c'est The Sleeppers code ! On s'est fait un petit délire, elle n'est pas encore en ligne mais elle le sera d'ici peu. Ce ne seront pas des inédits extraordinaires mais plutôt des instants pris sur le vif dans le camion, des petits extraits de concerts, des choses comme ça quoi.
16. Pour la scène noise, vous êtes une référence française au même titre qu'Unsane ou Neurosis, qu'en pensez-vous?
- Mamu : ça flatte un peu quand les mecs disent que tel ou tel titre ressemble à du Sleeppers, ça fait plaisir de lire dans les critiques aussi. Mais, on ne se rend pas compte de ça ! Nous n'avons pas vu le temps passé.
- Laurent : Nous n'avons jamais fait de la musique pour accéder ce statut.
- Mamu : On fait des disques quand nous avons envie de faire des disques, A(t)home suit, ils nous disent banco direct.
- Laurent : Pour nous ce qui est important, c'est de faire un maximum de concerts et de rencontrer un maximum de gens. Ce que nous aimons sur les ciné-concerts par exemple, c'est quand les gens viennent nous voir à la fin et nous disent que nous les avons fait voyager et que c'était super. Nous on est content de ça point. Est- ce qu'on est une référence ? Je ne sais pas, pour certains sans doute. C'est comme les étiquettes en musique. J'ai lu quelques chroniques d'albums de Sleeppers, où on disait que c'était bien mais que ça ressemble à du Tool, à du machin, à du truc...même ça on ne le calcule pas. Nous n'essayons pas de ressembler à quelque chose, on fait notre musique. Nos influences sont là forcément.
- Mamu : Mais nous sommes contents de faire partie de cette famille noise/indé avec des groupes comme Unsane ou Shellak.
17. The Sleeppers à l'étranger, c'est pour quand ?
- Laurent : Oui ! Nous venons changer de tourneur mais pas pour des questions humaines, nous n'avons jamais eu de soucis avec JER KOV. Mais Oh Lord Productions, notre nouveau tourneur, nous a proposé une tournée en Europe avec d'autres artistes. Il s'occupe notamment de Fishbone et Dub Trio donc, ce sont des opportunités de pouvoir jouer avec ces groupes en Europe. Ça nous branche vraiment de jouer à l'étranger, c'est un autre état d'esprit, ce n'est pas la France. Nous avons déjà fait deux trois tournées européennes et c'est vraiment gratifiant de faire des dates devant un public qui ne te connaisse pratiquement pas.
- Mamu : C'est aussi changer de lieu. En France, tu retournes toujours un peu dans les mêmes réseaux.
- Laurent : La France est devenu très professionnelle. Il y a encore des gens indépendants qui croient et qui sont très motivés mais c'est de plus en plus rare. Aujourd'hui, c'est une logique de rentabilité et nous ne sommes pas issu de ce milieu. Au début quand on jouait, c'était dans des troquets, c'était une autre ambiance. On associe ce phénomène à la crise et bien sûr c'est la culture qui en pâtit en premier et il y a un certain esprit qui a disparu avec je trouve.
- Mamu : il y a certaines salles de concerts qui deviennent grave maintenant. Elles sont délocalisés en périphérie des villes, sur des parkings où tu n'as pu le droit de fumer. Le concert est à peine fini et tu te fais vider.
- Laurent : Le côté subversif du rock n'existe plus.
18. Le rock est mort en France?
Laurent : Les derniers punks, leur festival Satiradax, c'est un peu Groland. Quand tu vois le pet qu’ils ont mis à Dax ! Moi c'est ce côté là que j'aime, ce sont les derniers représentants de ce mouvement et ce ne sont pas des gens qui ont vingt ans. Nous sommes plus proches de cet esprit même si notre musique est un peu plus « réfléchi » que la musique punk mais nous sommes issu du même environnement. Le naturel manque en France.
19. Avez-vous des dates de prévues dans l'hexagone ?
- Laurent : Par pour le moment, ça sera pour la rentrée voir janvier/février, tout a été décalé avec la sortie de l'album. Il va falloir être patient si vous voulez nous voir en concert. C'est le côté professionnel, quand tu sors un album, tu as à la promo à faire derrière mais quand la sortie est prévue en juin, ce n'est pas terrible parce que l'été tout le monde est en vacances : les tourneurs, les programmateurs, les salles, etc...Si tu n'as pas bouclé ta tournée en juin pour la rentrée alors ça repousse tout au printemps d'après, c'est un peu ce qui se passe pour nous.
- Mamu : Avant les programmateurs nous bookaient sans chercher à comprendre. Maintenant, ils attendent un album, ils veulent l'écouter et ils te font mariner un peu. Ils ont des subventions variables, ce n'est pas toujours évident pour eux aussi.
- Laurent : Surtout pour des groupes comme The Sleeppers qui fait entre 100 et 150 personnes, ça ne remplit pas. Ce n'est pas attractif au niveau de la rentabilité mais on va voir avec notre tourneur, on va trouver un plateau intéressant et on va jouer quoiqu'il arrive. Même si on doit louer un camion et jouer dedans pour la tournée française on le fera !
20. Quel est le meilleur endroit pour écouter et apprécier Keep Focus ?
- Laurent : Un endroit où la personne se sent bien où elle est très attentive à ce qui va se passer sur le disque et se concentrer.
- Mamu : Dans la voiture sur l'autoroute
- Laurent : J'ai toujours vu la musique de Sleeppers comme un moyen de voyager, ce n'est pas que du rock basique avec trois accords qui s'enchaînent même si on en fait aussi. Nous aimons créer des ambiances comme pour des films.
- Mamu : On ne peut pas répondre à ta question. Chacun à sa façon d'écouter de la musique. Moi c'est peinard dans mon camion, ma copine c'est chez elle en faisant le ménage par exemple toi comment tu as écouté l'album ?
21. Dans mon canapé tranquille puis en faisant du ménage dans mon appart' !
- Mamu : C'est une bonne technique ça j'aime bien !
- Laurent : Alors est ce que le ménage était mieux fait après ? (Rires)
22. Je ne sais pas il faudrait demander à l'intéressé !
Mamu : Tu vois ça vide la tête, tu ne réfléchis pas à ce que tu fais et en même temps tu t'appliques!