L’avant-garde de la nouvelle scène pop française se compile et se présente dans l’album Education Française : Volume 1. Tour de France musical sans EPO, ce premier épisode pop présente tous les groupes de l’hexagone à ne pas manquer pour bien commencer cette rentrée 2012.
Le duo très talentueux Singtank sort un nouveau clip interactif pour leur tube en puissance Give It to Me extrait de leur premier album In Wonder. Le groupe vous donne le pouvoir de vie ou de mort sur différentes personnes, faites votre choix !
Singtank, cela sera sûrement l’une des bonnes surprises du printemps prochain. En attendant la sortie de leur album en mai, voici déjà la clip de leur single The Party.
"On aimerait bien avoir des histoires un peu plus rock’n’roll de bastons…"
Entretien par Frédéric Fahy
1. Comment est né Singtank ?
Alexandre : Il est né un peu de notre rencontre en tant que frères et sœurs. C’est-à-dire qu’on a grandi en faisant un peu de musique ensemble et plus on en a fait, plus on y a pris goût ; c’était un énorme plaisir. On écrivait des chansons sans vraiment se poser de questions. Il est né le jour où s’est dit « tiens on va envoyer nos enregistrements pour voir ce que les gens en pensent » et c’est tombé sur l’ordinateur de Nellee Hopper, un énorme producteur britannique, qui à notre grande surprise a flashé sur nos petites démos pourries et nous a invité à le rejoindre dans un studio pour enregistrer. Ce jour-là on s’est dit « aah naissance d’un groupe ».
Joséphine : Voilà il l’a très bien dit.
2. Mais vous aviez fait d’autres projets musicaux ensembles ou séparément ?
Joséphine : On a toujours fait de la musique ensemble mais comme on est frère et sœur ça venait de façon assez naturelle. Donc on ne s’est pas imaginé que ça pouvait être professionnel jusqu’au moment où on s’est dit « ah ben finalement les démos deviennent pas mal ». C’était tellement agréable que, je pense, qu’on ne s’imaginait pas que ça puisse être une profession sans un petit peu de souffrance. Et puis on était timide de le faire, et on n’avait pas la confiance suffisante pour aller plus loin professionnellement. À ce niveau-là du coup c’est essentiellement Nellee Hopper qui nous a donné cette confiance et qui a fait le pont entre les deux.
Alexandre : On s’est dit que si un type de sa stature croit en nous on peut aussi croire un petit peu en nous.
3. Vous avez commencé à quel âge à faire ces petits bricolages ?
Alexandre : Fin de l’adolescence, vers 18/19 ans.
Joséphine : Oui un truc comme ça.
4. Vous êtes frères et sœur et vous avez 2/3 ans de différence à peu près. Vous n’avez pas peur du conflit ?
Alexandre : Pour l’instant on attend l’explosion mais elle n’est pas arrivée encore
Joséphine : Bon il y a des petits accrochages mais pas tant que ça. On s’est toujours très bien entendu même quand on était petit. Donc on a plutôt de la chance, ça doit se ressentir dans l’album, j’espère. C’est assez fluide la manière dont on compose. On est très complémentaire en plus donc il n’y a pas vraiment d’accrochages puisqu’on se complète. Alexandre écrit la musique, j’écris les paroles. Déjà les disciplines sont distribuées. Alors après ce n’est pas si radical que ça : quand Alexandre a écrit une mélodie il vient me voir et on va faire des arrangements ensembles, et de la même manière quand j’écris des paroles je vais voir Alexandre et il va changer des choses.
Alexandre : Ça se fait en toute harmonie.
Joséphine : Et ça marche !
Alexandre : On aimerait bien avoir des histoires un peu plus rock’n’roll de bastons…
Joséphine : Ça va venir, ça va venir (rires). Et de la même manière que quand on était petit, il y avait des groupes qu’on aimait en commun mais parfois nos goûts divergeaient aussi et donc on se faisait écouter. On avait toujours beaucoup d’intérêt pour les goûts de l’autre, et de la curiosité. Et je crois qu’on l’a encore aujourd’hui.
5. Qu’est-ce qui vous différencie ? Qu’est-ce que vous vous amenez chacun ?
Alexandre : Je pense que Joséphine est un peu plus terre à terre que moi. Disons qu’elle prend plus les choses en main alors que j’ai tendance à être plus perché.
Joséphine : D’ailleurs dans les compositions parfois, Alexandre part dans des choses très lyriques et moi j’ai tendance à rendre les angles ronds un peu plus carrés pour ne pas que ça parte trop dans le lyrisme et que ça soit un peu plus agressif.
Alexandre : Du coup ça se complète assez bien je trouve parce que d’une certaine façon quand l’émotion est contenue dans un format plus pop ou plus carré, elle est plus subtile et plus émouvante. Quand c’est une émotion qui se déverse c’est parfois trop évident, alors que Joséphine va travailler à ce que ça soit plus subtile, plus carré.
6. Pourquoi avoir choisi ce nom Singtank ?
Joséphine : C’est venu du fait qu’on a passé tellement de temps avec Alberto Cabrera, le batteur qui a fait la batterie sur tous les enregistrements, à essayer de trouver un nom – on a trouvé tellement de noms pourris avant de trouver celui-là, d’ailleurs je ne sais pas s’il est tellement bien mais il est là – qu’on s’était un peu transformé en « think tank ». Donc c’était plus dans le processus de recherche du nom du groupe.
Alexandre : On passait plus de temps à chercher un nom que de faire de la musique.
7. Du coup vous semblez vivre dans une démocratie parfaite, c’est ça pour vous la définition du groupe ?
Alexandre : Je pense ouais…une voix chacun. Du coup on est en 50/50 en permanence, des élections qui n’auront jamais lieu.
8. Par quel cheminement vous êtes arrivés à ce son ?
Joséphine : C’est très proche des démos en fait. Bien sûr les producteur, aussi bien Nellee Hopper qu’Alan O’Connell, ont travaillé sur le son de l’album, mais ils ont été très respectueux de ce que les démos ont été. Donc c’était pas mal ça à la base. Après c’est Alexandre qui fait des couches et des couches d’arrangements mais il y avait une logique d’un titre à l’autre.
Alexandre : Bon après comment le son est né, c’est toujours difficile à dire. C’est plus une série de choix je pense : il y a un moment on se dit « est-ce que je vais mettre plutôt ce son de synthé plutôt qu’un autre ? »,…et de choix en choix finalement on définit son son et sa personnalité. Mais je crois qu’il n’y a jamais un choix conscient « je veux que ça sonne comme ça ». C’est de détail en détail que le son s’est construit.
9. Je présume que vous avez été influencé par des choses écoutées plus jeune. Quelles sont les choses qui pour vous se rapprochent de Singtank et que vous avez écoutez ?
Alexandre : C’est toujours assez difficile car on a écouté tellement de choses différentes avec Joséphine.
Joséphine : Oui, c’est ce qu’Alexandre disait très bien l’autre jour : on fait partie d’une génération qui a eu accès à tous les genres de musique. C’est-à-dire que si on veut écouter un truc on peut l’écouter tout de suite, on n’a pas besoin de faire la queue pour avoir le vinyle d’un groupe comme avant. On a tous les deux écouté beaucoup de musique, et beaucoup de musiques différentes. J’ai eu une phase hip-hop, après j’ai eu une phase rock peut être un peu plus sulfureuse qu’Alexandre, après une phase electro et en même temps tous les deux on a aussi écouté de la brit-pop. Je pense qu’on n’a pas été influencé, enfin du moins qu’il n’y a pas eu d’influence consciente. Quand on était petit on écoutait des chansons françaises, de la musique classique et du jazz à cause de notre frère. J’ai à peu près cité tous les genres de musique et je pense qu’il y a un petit bout de chacun de ces genres, inconsciemment dans cet album. Je l’entends, parce qu’on nous a posé cette question avant et du coup je me suis dit « tiens c’est vrai ça me fait peut être penser à… » ou « peut-être que j’ai eu ce sens de l’imaginaire avec ce groupe ci… ». Mais à côté de ça, c’est vrai que les gens ont tendance à dire qu’il y a une influence pop anglo-saxonne et c’est en effet un terrain qu’on avait en commun avec Alexandre, on aime beaucoup Pulp, les Pixies. Maintenant je ne pense pas qu’on soit directement influencé par ça.
Alexandre : La meilleure réponse à la question du style de musique qu’on a c’est : la pop. La pop a toujours englobé beaucoup d’influence mais dans un format qui, d’une certaine façon, est le format de l’efficacité, d’une rythmique pop. On fait de la pop quoi.
Alexandre : Ça part souvent juste d’un accord que je vais développer musicalement au niveau des harmoniques. Après Joséphine ça va lui inspirer un texte et les deux vont s’imbriquer pas mal : le texte va faire évoluer la musique et la musique va faire évoluer le texte. C’est vachement ping-pong comme ça, entre texte et musique. Ce qu’elle va écrire va m’inspirer dans les développements de la musique ; ce que je vais développer dans la musique va lui inspirer des développements dans le texte.
Joséphine : Et puis on se concerte et on change. Je donne mon avis sur l’aspect musical, si je trouve que la structure doit être revue ou s’il faut aller plus dans une autre direction ou changer un accord. Et lui, de la même manière, il va lire les textes et faire des changements s’il pense que c’est nécessaire.
Alexandre : C’est le ping-pong
Joséphine : C’est le yin et le yang.
11. Quels sont les sujets de prédilections concernant les textes ?
Alexandre : C’est assez varié.
Joséphine : Je pense déjà que le titre de l’album explique assez bien son univers. L’album s’appelle « In wonder » donc il y a un sens de l’imaginaire assez développé dans les paroles. Il y a aussi une touche d’ironie qui parfois clash exprès avec la musique. Il peut y avoir des mélodies très épiques ou très joyeuses et puis si on écoute les paroles, au contraire, elles vont être un peu déprimantes. L’ironie peut se jouer là-dedans aussi. Mais dans la plupart des paroles, oui il y a une touche d’ironie : parfois ça parle de choses personnelles, parfois c’est juste l’histoire de quelqu’un. C’est un peu une fausse innocence avec une touche d’ironie et beaucoup d’imaginaire. Je ne sais pas, c’est des petites histoires.
Alexandre : Oui la thématique ce sont des petites histoires. S’il y a une thématique globale effectivement « in wonder » parce que c’est très souvent sur comment les gens vivent leurs rêves, soit vivent dans un rêves soit vivent une vie de rêve.
Joséphine : Et il y a un aspect un peu solitaire aussi. Par exemple dans la chanson « The Party », on ne sait pas si le type s’invente une fête ou si la fête existe vraiment. « Nous » c’est l’histoire de quelqu’un qui se retrouve dans un endroit, on peut imaginer le désert ou une ville fantôme, et il a l’impression d’avoir déjà été ici mais il n’en est pas vraiment sûr alors ça lui vraiment quelque chose, on ne sait pas s’il est vraiment en train de rêver ou pas. « Discksmith » c’est l’histoire d’un type qui boit et qui est un peu perdu du coup dans cette spirale-là.
Alexandre : C’est ça en fait.
12. Quand on lit la bio : vous avez sorti un EP, ensuite vous avez été produit par Nellee Hopper qui vous a découvert, vous enregistrez à Los Angeles et à Londres et vous avez maintenant signé chez Warner. Comment s’est fait tout ça ?
Joséphine : Bon comme ça, ça a l’air génial et tout, et c’est vrai c’est génial. On a énormément de chance, on aurait pu attendre longtemps. Je veux dire qu’on n’a pas galéré des années et des années avant d’être signé. Maintenant il y a quand même eu des moments galères et des gros flips où on s’est dit « pfff on ne va jamais y arriver » où les gens qu’on rencontrait disaient « oui on aime beaucoup mais vous savez… » en nous parlant du monde de la musique en ce moment et de l’état dans lequel le label était.
Alexandre : On a eu pas mal de rencontres très déprimantes, de labels qui nous disaient en gros que tout était fini de toute façon.
Joséphine : Il y avait une espèce d’apocalypse musicale et on ressortait de là en se disant « pffff… ». Ils nous demandaient pourquoi on avait envie d’être signés : parce qu’on n’a pas les moyens de continuer un album sans être signé. On a eu des moments de doute. Ils ont duré, mais peut-être pas aussi longtemps que pour certains groupes donc on ne se plaint pas du tout. Mais c’est vrai que dit comme ça, ça a l’air très simple. Ça a été relativement rapide mais il y a eu quelques moments de doute. Et puis il a duré longtemps ; enfin, pour l’album on est retourné en studio pas mal de fois. Parfois on retournait en studio juste pour essayer de continuer malgré le fait qu’on n’était pas signé pour garder l’énergie et tout ça.
Alexandre : Les tous premiers enregistrements de l’album datent de fin 2009 donc ça commence à faire un moment.
13. Au moment où finalement les jeunes groupes partent plutôt d’EP, vous vous êtes partis directement sur un album.
Joséphine : Nous sommes très prolifiques du coup on a déjà deux albums pratiquement prêts. Du coup c’est vrai que c’était dommage de produire peu de chansons. On en a beaucoup, on s’est dit on a Nellee sous la main, on va le transformer en jukebox et faire le maximum de chansons. On a plutôt dû en supprimer pour rentrer dans le format de l’album.
Alexandre : C’est ça, on en a suffisamment composé pour la taille d’un album.
14. Vous avez enregistré donc à Londres et à Los Angeles. Dans quel état d’esprit vous êtes rentrés en studio ? C’était quoi le but ?
Alexandre : Au départ c’était vraiment l’émerveillement, c’est le bonheur de travailler dans la musique et d’être dans une ambiance professionnelle pour faire de la musique. C’est une bénédiction, c’est incroyable. Après, on a été dans des studios assez incroyable à Los Angeles, c’est le studio du clavier de Beck qui a une collection de claviers hallucinante, une trentaine/quarantaine de claviers de toutes les époques. Et du coup j’étais comme un enfant dans un magasin de bonbons, j’ai essayé tous les claviers pendant des journées entières et il a fallu m’arrêter pour je commence à enregistrer plutôt que de me perdre dans l’immensité des possibilités que ça offrait. Donc, pour moi en tout cas mais je crois que pour Joséphine aussi, c’est vraiment une période de bonheur total à expérimenter des choses musicalement et à essayer de pousser nos chansons dans toutes leurs possibilités, arriver au meilleur résultat possible à partir des compositions qu’on avait.
Joséphine : Et puis c’était très nouveau pour nous en plus. Sous l’œil bienveillant de Nellee d’un seul coup ça prenait une autre dimension.
15. Qu’est-ce qu’il a apporté à vos chansons ?
Joséphine : Il a été très respectueux des chansons, il est resté très proche de l’essence et de ce que ça avait été sur les démos. Après comme tu le disais très bien hier, c’est le petit détail qui change tout avec Nellee : il va avoir une idée brillante qui va vraiment apporter au titre.
Alexandre : Il a une excellente oreille, il aime les morceaux et il sait le petit truc qui manque.
Joséphine : Au lieu de faire des millions d’arrangements, il va plutôt écouter et trouver le petit truc qui manque et qui va faire toute la différence. Alors qu’Alan O’Connell, avait qui on a travaillé, c’était complètement différent. C’était très intéressant de travailler avec deux personnes qui n’avaient rien à voir. Alan est lui-même musicien donc il essayait des milliards de trucs sur keyboard, guitares,…Lui c’était différent : il essayait plein de trucs et on gardait celui qui marchait le mieux. C’est génial aussi de travailler comme ça, c’est juste complètement différent. C’est moins minimaliste mais ça marche aussi. C’est deux manières de travailler.
Alexandre : Mais ils ont tous les deux la même énergie positive. Simplement ils avaient tous les deux la même idée, c’était que les démos leurs avait plu et ils voulaient arriver au potentiel maximal de ces chansons. C’est ça le travail d’un producteur, enfin ce qu’on appelle plus réalisateur. Enfin je trouve qu’ils ont fait un très beau travail.
16. Est-ce que le fait d’enregistrer à Los Angeles ou à Londres a influencé l’album ?
Joséphine : Non, je n’en ai pas vraiment l’impression.
Alexandre : L’influence c’est celle des gens avec qui on travaillait ; comme les ingénieurs américains et anglais. Après pour être honnête c’est la seule expérience qu’on a.
Joséphine : On a eu un très bon ingé son en France aussi ; car on a enregistré un peu en France avec Nellee.
Alexandre : On a travaillé avec des gens hyper bons et motivés.
Joséphine : Après je ne crois pas que ça a vraiment une influence la ville dans laquelle on était.
17. Vous avez tourné un clip pour « The Party ». Comment est venue l’idée de ce clip ?
Joséphine : En fait c’est AB/CD/CD, trois réalisateurs qui sont chez Partizan, qui sont trois français brillants, qui nous ont envoyé une proposition. Il y a eu plusieurs réalisateurs qui nous ont envoyé une proposition et c’est celle-là qu’on a gardé parce qu’elle paraissait être la plus proche de l’univers de Singtank. C’est-à-dire qu’il y avait de nouveau un sens de l’imaginaire très développé, un côté un peu « Alice au Pays des merveilles ». Puis on avait reçu des propositions assez étranges pour être honnête. Enfin, il y en avait des biens aussi mais voilà celle-là c’est celle qui collait le mieux.
Alexandre : Oui c’est vraiment celle qui collait le mieux à l’univers du groupe.
Joséphine : Puis ils ont construit des sets énormes, des espèces de mondes de portes, il y en avait quatre. On s’imaginait qu’ils feraient des petites maquettes et finalement on est arrivé dans des trucs énormes.
Alexandre : Tous les décors sont vrais. Enfin après c’est un montage pour avoir la montagne qu’on a à la fin du clip, mais sinon tout est réel. Toutes les portes qu’on monte ont vraiment été construites et assemblées pour le clip.
Joséphine : On s’imagine que petits ils devaient déjà être en train de construire des choses dans leur chambre et que maintenant ils l’ont fait à la grandeur de leur espérance en grandissant. C’était assez impressionnant !
18. Donc ce sont des vraies portes ? C’est la question que je m’étais posée en regardant le clip.
Joséphine : Oui oui, ce sont des « mondes » de portes énormes. Il y en avait quatre.
Alexandre : Ils ont cambriolé Lapeyre pour faire le clip.
Joséphine : C’était génial. C’était dans un studio à Arpajon énorme avec quatre « mondes », on n’en revenait pas. C’était génial, on était vraiment content de bosser avec ces mecs-là.
19. Vous avez une petite réputation en concert. Quelle est la part du live chez Singtank ?
Alexandre : Ça a vraiment été un processus puisqu’on est vraiment né comme d’abord un « groupe de chambre », c’est-à-dire qu’on jouait au piano Joséphine et moi en écrivant des chansons, puis groupe de studio en commençant à jouer avec Alberto pour la batterie, donc déjà un peu plus pop, puis dans le studio de Nellee et à travailler les arrangements. On est vraiment né tout en enregistrant l’album en tant que groupe et du coup on n’était pas du tout un groupe de live ou de scène. C’était vraiment plus de la composition, de l’arrangement, du studio. La scène c’était un mystère au début. On s’est dit « il faut le faire et on va le faire ». Au départ c’était vraiment une nouvelle étape. Au début c’était terrifiant puisqu’on ne savait pas dans quoi on tombait et finalement on y a pris énormément goût et on y a trouvé une énorme liberté par rapport au côté très méticuleux du studio. C’est un endroit où on peut beaucoup plus improviser, apporter de nouvelles choses, revisiter les chansons qu’on a réécrite. Donc c’est bien parce que chaque concert c’est potentiellement une nouvelle manière d’interpréter le titre, un nouvelle angle à apporter à la chanson. De la terreur des débuts on est arrivé à un vrai plaisir. Il y a quelque chose de très stimulant dans cette réinvention permanente qui est très agréable. Ça permet de ne pas s’endormir sur nos titres, mais vraiment de les maintenir en vie d’une certaine façon en leur apportant un petit truc.
20. Quel est votre public en général ?
Joséphine : Ça dépend parce que quand on fait des premières parties ce n’est pas tellement notre public. Les Inrocks, pareil c’est un festival donc c’est des gens qui viennent au festival et qui ne viennent pas forcément que nous voir nous. Le public change un peu en fonction, c’est variable.
Alexandre : Oui c’est un public très variable, « intergénérationnel », on s’adresse à tous les publics.
Joséphine : Ça ce serait bien mais je ne sais pas si c’est vraiment le cas. Ce serait difficile à savoir, je pense qu’il faudrait faire plus de date pour se rendre compte de l’identité du public. Pour l’instant il n’y a peut-être pas eu assez de dates pour vraiment l’identifier. Ça a fait partie vraiment de pas mal d’autres choses. On a eu quelques dates à nous, mais on a eu beaucoup de dates d’autres gens donc c’est difficile de savoir.
Alexandre : On en parlera après la tournée.
21. Quel est l’endroit parfait pour écouter « In wonder » ?
Alexandre : Très bonne question…Je pense que c’est un album de voiture.
Joséphine : J’allais dire à peu près la même chose, tu vois genre en roadtrip. Je voyais un truc dans un endroit un peu désertique genre terrain vague.
Alexandre : Seul dans ta voiture à traverser le désert.