Luce : Chronique de l’album Chaud Chroniques d'albums

Publié le 27 février 2015
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D’une écoute distraite on lui donnerait le bon dieu à Luce sans confession. Attention ! Oreilles chastes s’abstenir. C’est Chaud. 

Luce ChaudIls ont dû faire des études de vente, des simulations, avec sans doute un public échantillon. Y’a peut être aussi un logiciel qui sait faire ça, lancer avec un risque minimum un nouveau produit, une chanteuse. Dont le prime opus l’avait confinée, toute riquiqui, dans un statut coquin et burlesque, comme si chaque demi-siècle on sortait une Annie Cordy.

Relookage donc, chez Tôt ou tard (preuve qu’il n’est jamais trop tard), de Luce, ultime lauréate, en 2010, de la Nouvelle star, écartelée qu’elle fut entre Brel, Katerine et la Pierre qui roule (en v.o. : Rolling stones).

Disons-le tout net, Luce n’est pas la future star (encore que) en tous cas pas dans la catégorie de celles qui ont pu impressionner la chanson, lui donner ses lettres de noblesse. Mais elle n’a sans doute pas cette prétention. Luce est une sucrerie, un bonbon plein de calories, de colorants. Dans une galerie marchande elle tiendrait le rôle de bonbonnière. Bon, bon… C’est du Haribo et con à la fois, drôlement con mais drôlement bon aussi : une gourmandise qu’on croque, qu’on suce, qu’on avale, qu’on titille avec la langue. Et quand je parle de bonbon… Ne chante-t-elle pas Le feu au cul ?

« Falait pas râter le terrain (…) Fallait pas tenter le passage (…) J’l'avais dit : j’ai l’feu au cul ! » Des friandises, donc. Luce n’est pas la seule chanteuse sur le terrain de l’amour brut, sans ambage, sans petite culotte, sans grande vertu. Avec pour elle, au chapitre des avantages, un petit côté acidulé, un peu sucette à l’anis, intentionnellement contrarié par un look de petite fille sage aux arguments bordés de coton, sans dentelles en haut ni résilles en bas. Un peu à la manière, jadis, d’une Dominique Paturel égrénant avec innocence ses Bêtises. Là ce sont d’autres bêtises qui franchement appelent la fessée ou je n’y connais rien.

Chaud ? Torride et disponible !

L’album s’intitule Chaud et c’est du parler vrai. A l’usage sans doute d’un auditoire féminin ado qui va franchir le pas et s’envoyer en l’air, visant déjà la stratosphère : y’a comme un mode d’emploi dans les chansons de Luce, bien cinquante nuances de griseries. Luce est une chanteuse plastique (ses transformations physiques, des nuances de gras aux coiffures) qui appele le latex : Chaud est torride, l’amour y est physique et banal, comme une posture de l’esprit.

Luce se veut être la muse de Mathieu Boogaerts, déjà présent sur le précédent opus qui, là, réalise et squatte tant les guitares et les claviers, la batterie, un peu aussi. L’empreinte de Boogaerts est manifeste et c’est sans doute ça qui fait de cet album un produit attachant, irrésistible même pour peu qu’on se prenne au jeu de cette jolie frimousse, voix mignonne mais sans plus, qui vous chante des énormités sans doute bien plus grosses qu’elle.

 

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Luce : Chronique de l'album Chaud
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Luce : Chronique de l'album Chaud