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Opeth : Heritage

Le groupe, ou plutôt son leader incontesté Michael Åkerfeldt l’avait annoncé, ce dixième opus d’Opeth (désolé, ça sonne un rien moche) prend ses distances par rapport au metal. Non seulement il n’y a plus la moindre évocation death, mais on baigne même dans des ambiances feutrées éminemment progressives. On appréciera toutefois mieux les subtils arrangements en écoutant la version DVD 5.1 Surround Mix.

Opeth en concert

Une envie de vous déboucher les oreilles ? Voici l'occasion, Opeth sera en concert à partir de la semaine prochaine à Paris, Toulouse et Lyon.

Opeth : Watershed

Allez-y, tentez vous aussi l’expérience : la prochaine fois qu’un ex-rebelle devenu fonctionnaire, avocat ou, pire, employé d’une mairie UMP vous branchera, passablement éméché, à une soirée verre à la main genre « ‘tain, tu as un look de métalleux toi ! Mais il existe encore des groupes qui font truc intéressant depuis Manowar ?! », jetez-lui au visage, tel Cyrano de Bergerac son dédain au comte de Guiche, le nom d’Opeth. Puis tournez les talons d’une façon théâtrale. Effet garanti.

Opeth chez Virgin megastore

Tu kiffes Opeth et ton rêve le plus cher est d'avoir une dédicace du groupe. Et bien, c'est possible ! Le groupe au complet sera présent au Virgin mégastore des Champs Elysées (Paris) le 4 juin prochain. Evidement, ce n'est pas le moment d'être en retard et c'est à 18 heures.

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Opeth
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Opeth : Heritage

20 février 2012

Le groupe, ou plutôt son leader incontesté Michael Åkerfeldt l’avait annoncé, ce dixième opus d’Opeth (désolé, ça sonne un rien moche) prend ses distances par rapport au metal. Non seulement il n’y a plus la moindre évocation death, mais on baigne même dans des ambiances feutrées éminemment progressives. On appréciera toutefois mieux les subtils arrangements en écoutant la version DVD 5.1 Surround Mix.

En plus de vingt ans, Opeth s’était forgé un solide following en faisant preuve d’une belle audace musicale. Considéré au départ comme le plus progressif des groupes de death ou le plus death des groupes progressifs s’est créé un style bien à lui en associant des humeurs que l’on pensait inconciliables. Et, sans jamais brûler les étapes, Opeth n’a cessé de progresser en proposant des albums de plus en plus ambitieux. On savait toutefois que Michael Åkerfeldt avait décidé d’abandonner les vocalises gutturales et que cela ne serait pas sans conséquences sur la musique du groupe dont il reste le compositeur quasi exclusif. Et, curieusement, on est au final beaucoup moins surpris ou dépaysé que ce à quoi on pouvait s’attendre. Le virage est nettement moins violent et clair que celui d’un Pain Of Salvation sur Road Salt One. La plupart des ambiances exposées dans Heritage ont été plus ou moins explorées précédemment.

Nombre de morceaux sont dans la lignée de ceux du majestueux Watershed (“Slither”, “The Lines In My Hand”), de Ghost Reveries (“The Devil’s Orchard”) ou même de l’indispensable Backwater Park (“I Feel The Dark”)… Il n’empêche qu’en assumant cette fois parfaitement le même genre de racines musicales que celles de Steven “Porcupine Tree” Wilson (présent au mixage), Opeth propose de belles réussites dans des sonorités qui vont du folk au jazz en passant par la musique du terroir (“Nepenthe”, “Häxprocess”, “Famine”). Ce fameux héritage, ce serait donc plus ou moins celui de ces groupes qui ont été pris pour cible à la fin des années 70, Jethro Tull, Camel, King Crimson, Gentle Giant, Nektar et autres Khan… Vu que les Sex Pistols ne sont plus là pour vouloir les enterrer (si possible encore vivants), Opeth n’avait donc finalement pas grand chose à perdre.

On aurait toutefois apprécié que, tant qu’à faire, il aille bien plus loin. Il n’y a pas grand chose ici que l’ami Steven Wilson n’avait pas déjà largement couvert avec Porcupine Tree, en solo ou sur ses nombreux projets. Après la nouvelle collaboration entre Åkerfeldt et Wilson, sous le nom de Storm Corrosion (un album prévu en avril), toute la question sera de savoir si Opeth se contentera par la suite de cette orientation musicale aux tons subtils ou s’il effectuera une nouvelle révolution, plus franche du collier cette fois.

 

Jean-Pierre Sabouret

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