Il semble bien loin le temps où les Dropkick Murphys n'étaient qu'un petit groupe de Boston jouant du street punk dans des caves. 16 ans après sa création, le voici pour la seconde fois écrit en lettres rouges sur la façade mythique de l'Olympia. Et le concert affiche complet de chez complet. Un vrai tour de force qui vient faire prendre conscience de l'impact du groupe sur la scène internationale. Les Pogues du XXIème siècle.
Dans leur fief de Boston, les Dropkick sont désormais une institution, au même titre que les bouquins de Denis Lehane. Dès qu'un film américain se déroule à Boston, un des protagonistes se retrouvera affublé d'un t-shirt aux couleurs du groupe. Héritage irlandais oblige, ces couleurs tendent vers le vert, qui est bien mieux représenté dans l'Olympia ce soir que par Eva Joly dans les sondages. Les Bouncing Souls, cultes dans le petit milieu du punk rock, n'auront pas du tout réussi à mettre l'ambiance en première partie. Le public est tout acquis à la cause des americano-irlandais, et ne cesse de déclencher les fameux « Let's Go Murphys » accompagnés des tapements dans les mains. La traditionnelle intro de Sinead O'Connor résonne dans le noir, et un air de cornemuse vient faire exploser la salle. C'est vrai que le parquet de l'Olympia a tendance à se transformer en mini-trampoline quand des centaines de punk, skinheads et enfants de 8 ans se mettent à sauter dessus !
« Hang'em High » a donc lancé les hostilités, et c'est forcément le dernier album en date, Going Out In Style, qui se taillera la part du lion ce soir, avec notamment les superbes « Broken Hymns », « Deeds Not Words » et « Peg'O My Heart » (sans Bruce Springsteen dedans, évidemment).
Malgré un son laissant souvent à désirant sur les deux chants leads, la setlist de ce soir, piochant dans toute la discographie du groupe, permet de se rendre compte de l'évolution du gang de Boston. Les morceaux rentre-dedans à la « Never Alone » ou « The Gang's All Here » sont en contraste avec les plus récents, agrémentés de nombreux arrangements servis par les instruments traditionnels : cornemuse, accordéon, banjo... C'est d'ailleurs sur les morceaux combinant les deux facettes du groupe que les réactions du public sont les plus vives. Les gros refrains festifs et permettant de lever le poing en éructant sa bière sont évidemment dégainés, avec notamment « Going Out In Style », « Johnny I Hardly Knew Ya », « The State Of Massachussets », et forcément, forcément, ce qui est devenu l'hymne du groupe, « I'm Shipping Up To Boston », envoyé juste avant le rappel, et qui vient faire littéralement chavirer l'Olympia.
Les Dropkick Murphys sont devenus une véritable machine de guerre, et tout s'enchaîne à la perfection, avec quelques remerciements de temps à autres. Alors pour humaniser tout cela, en plein milieu du concert, ils s'installent sur le devant de la scène, sur des tabourets. Et merde, une réunion d'alcooliques anonymes ? Non, un mini-concert acoustique. 4 titres sont interprétés de cette façon : « Warrior 's Code », « Take'Em Down », « Devil's Brigade » et « Boys On The Dock ». Une jolie accalmie qui permet aux furieux de la fosse de se reposer un peu avant de se refoutre sur la gueule au risque de froisser leurs jolis polos Lonsdale. Et puisqu'on est dans la capitale du romantisme paraît-il, quand commence le rappel sur l'épique « Kiss Me I'm Shitfaced », les filles sont comme d'habitude conviées à monter sur scène. L'une des premières s'illustre magnifiquement en titubant et en se vautrant sur scène. Jalouse, sa copine finira la chanson en montrant ses seins à la foule. C'est juste un bordel monstre maintenant, avec au moins une centaine de personnes sur la scène. On ne distingue plus que les deux chanteurs qui restent sur le devant de la scène pour interpréter « Skinheads On The MBTA » tandis que le reste du groupe s'est réfugié au fond. Les garçons sont également montés sur scène, et c'est déjà l'heure de venir conclure ce gros concert avec une reprise d'AC/DC, « TNT ». Sûr que c'était explosif !
Sébastien Delecroix
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