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Baxter Dury

Baxter Dury : Printemps de Bourges, le 24 avril 2012

Après un silence de cinq ans, Baxter Dury est revenu à l’automne dernier armé d’une véritable petite bombe. Avec le single ‘Claire’, le chanteur britannique a défrayé la chronique. Bardé de ritournelles entêtantes couchées sur une latence austère, Happy Soup, son troisième album, est intrigant et surtout irrésistible. Il était, au 22 Quai d’Auron, le clou de la première soirée du Printemps de Bourges. 

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Baxter Dury

Baxter Dury : Printemps de Bourges, le 24 avril 2012

26 avril 2012

Après un silence de cinq ans, Baxter Dury est revenu à l’automne dernier armé d’une véritable petite bombe. Avec le single ‘Claire’, le chanteur britannique a défrayé la chronique. Bardé de ritournelles entêtantes couchées sur une latence austère, Happy Soup, son troisième album, est intrigant et surtout irrésistible. Il était, au 22 Quai d’Auron, le clou de la première soirée du Printemps de Bourges. 

Il n’y a pas de nom plus british que Baxter, aussi notre chanteur tente d’être à la hauteur des attentes. Très soigné, même ses bouclettes semblent travaillées. Pour d’autres, il est surtout le fils de Ian Dury, le regretté fondateur des Blockheads. Mais de ce côté-là, ça fait longtemps que Baxter a renoncé à lui ressembler.

Avec son flegme britannique, le voilà qu’il s’élance dans ses compositions dépressives, annonciateur d’échec, comme pour préparer le public. Heureusement, sa choriste, brillant de mille feux dans une mini-robe à paillette, vient égayer la scène de ses chœurs enjoués. Détaché de tout, Baxter Dury nous raconte d’une voix monocorde l’histoire d’’Isabel’ tout en faisant mine de draguer sa choriste, puis celle de ‘Claire’. Faussement alarmé, il lui réclame de ne pas gâcher son ticket de bus tout en s’accrochant désespérément au micro. C’est comme s’il aimait tourner en dérision ses souffrances émotionnelles.

« J'ai une tâche sur mon pantalon mais je ne vais pas attirer l'attention dessus », confie-t-il au public. Pour les amateurs d’humour anglais, son jeu de scène est très riche. Semblant à côté de la plaque, il égrène ses  graves paroles puis lance un sourire désarmant au public. ‘Afternoon’ déstabilise par ses clap clap incessants sur fond de mélodie déchirante, tandis que ‘Trellic’ inquiète par son rythme bien trop joyeux dans ce set pour être honnête. La cravate sur l’épaule, Baxter Dury affecte un air désabusé. Dans son impeccable costume sur mesure, il a des faux-airs de prof de philo. Surtout quand il récupère un petit mot tendu par le premier rang et transperce du regard le groupe un peu bruyant dans le fond.

Le set est soumis à des vents contradictoires : ‘Picnic On The Edge’ semble vouloir partir en vrille, mais on ressent comme une retenue, et Baxter, le regard fixé dans le vide, n’a pas l’air de se sentir concerné. Il est tiré de sa rêverie par un roadie, on le prévient qu’il faut s’activer pour finir le set. Du coup, Baxter Dury en rajoute dans ses interludes et chantera tout de même la nouvelle chanson qu’il tenait à partager avec nous : ‘Beautiful Babies’ - qu’il conclut par des pleurs de bébé dans un sourire effrayant. 

Chacun de ses gestes vire au sketch. Mais quand il balaye sa cravate pour s’installer au piano, on sent qu’il ne joue plus. Certes, il monte les bras bien en évidence au-dessus de sa tête et se délie les doigts à la manière des grands concertistes, mais dès que ses doigts touchent le piano, c’est un passionné. On dirait un aveugle qui redécouvre ses autres sens par la musique : par les touches du clavier, les mélodies, le goût et l'odeur des gouttes de sueur. Le concert se finira sur ‘Love In The Garden’, sur lequel il annonce qu’il nous pardonne d’être un public aussi calme. Le morceau, plus enlevé avec des résonnances rockabilly, nous laissera un sourire sur les lèvres en quittant la salle. 

 

Agnès Bayou 

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Compte rendu de concert / 26 avril 2012