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Sebastien Tellier

Sebastien Tellier : Le Trianon (Paris), le 20 juin 2012

Sébastien Tellier a toujours aimé provoquer. Après avoir abordé la géopolitique à sa manière avec Politics, suivi d’un album explicite intitulé Sexuality, le chanteur garde son humour pour s’attaquer à la religion. Avec My God Is Blue, Sébastien Tellier se prend pour un guru de l’Alliance Bleue, chargeant ses compositions de grandiloquence. Suite à nombreux passages dans les médias afin de créer le buzz, nombreux étaient les disciples pour la grande messe au Trianon. 

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Sébastien Tellier : My God is Blue

Gourou mystique habillé de blanc, Sébastien Tellier trouve la vérité spirituelle et érige des stèles annonciatrices d’extase dans My God is Blue, tout bonnement ahurissant, réinventant la pop pour notre époque.

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Sébastien Tellier : propose un concours Cochon Ville

Sébastien Tellier et sa secte de l’Alliance Bleue lance un grand concours « cochon » avec comme pour prix son dernier album My Go dis Blue et deux places pour son concert ultra-complet du Trianon à Paris.

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"Je ferme les yeux, je pense à des rêves bleus, je joue du piano et j’attends que le hasard m’apporte les notes qui me permettent de m’exprimer."

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Sebastien Tellier : Le Trianon (Paris), le 20 juin 2012

22 juin 2012

Sébastien Tellier a toujours aimé provoquer. Après avoir abordé la géopolitique à sa manière avec Politics, suivi d’un album explicite intitulé Sexuality, le chanteur garde son humour pour s’attaquer à la religion. Avec My God Is Blue, Sébastien Tellier se prend pour un guru de l’Alliance Bleue, chargeant ses compositions de grandiloquence. Suite à nombreux passages dans les médias afin de créer le buzz, nombreux étaient les disciples pour la grande messe au Trianon. 

Sans autre forme de procès, notre shaman apparaît sur ‘Pépito Bleu’. La foule, qui criait son prénom sans relâche tout au long de la première partie, est alors baignée dans une lumière bleue. « Mes chers amis l'Alliance Bleue vous aime », annonce-t-il les bras ouverts. Le logo de sa secte surplombe la scène, qui ressemble à un petit chemin champêtre. Petit à petit, on se laisse séduire par ‘Sedulous’.

Sébastien Tellier remercie son public et se lance dans son morceau de bravoure, ‘Cochon Ville’, le fameux titre dont le clip a été censuré. Le public accueille le nouvel album avec une emphase toute mystique et pour le récompenser, Sebastien Tellier se met à balancer des roses blanche aux premiers rangs sur ‘Fingers of Steel’.

La musique a souvent été comparée à un culte, mais ici, avec l’influence seventies de My God Is Blue,  on aurait l’impression d’un hommage à Tout le monde il est beau Tout le monde il est gentil de Jean Yanne. Notre sauveur ce soir n’a peur d’aucun ridicule, mais il reste encore un peu timide dans ses chorégraphies. Pourtant, le public l’accompagne chaleureusement sur ses « I Love You » de ‘Russian Attractions’. Sauf que ces marques d’affections semblent le mettre mal à l’aise. Il se confond en humbles remerciements et alors fait tomber cette image de mégalo qu’il arbore.

Le dernier album est bien chargé au niveau des chapes de synthés, aussi, on accueille avec plaisir quelques titres de ses précédents opus. Une petit pause de bleu, on passe au rouge avec ‘Kilometer’, ‘Sexual Sportswear’ et même ‘Divine’ qui avait été proposée à l’Eurovision. L’ambiance passe du solennel à Amsterdam avec de jolis néons rose habillant la scène et les chadada résonnent de toutes parts.

Après un interlude sur ‘My God Is Blue’, Sébastien Tellier remet son public au chœur du spectacle avec  ‘Indians’. Sébastien Tellier prend alors son temps, passe le bonjour à la gendarmerie du XVIIIe venue au grand complet, puis, pour faire durer le suspense, il se plaint de ne prendre aucun plaisir à la scène : il se fait désirer, car il est sur le point de livrer ‘La Ritournelle’. Les briquets s’allument, des milliers de lasers roses zèbrent la salle, toute la salle est en communion.

Sébastien Tellier ne se fait pas prier pour le rappel, avec ‘L’Amour et La Violence’ suivie ‘Yes It’s Possible’ et son lugubre solo d’orgue. Il salue alors avec ses musiciens et quitte la scène. Les lumières se rallument mais le public ne veut rien savoir ! Sébastien Tellier réapparaît, une clope fumante au bec et une flasque de vodka à la main. « Je peux en faire une petite, laquelle vous voulez ? 'Roche’ ? Faudra m’excuser, je la répète très peu ». Qu’à cela ne tienne, c’est la foule qui chante pour lui, « amoureuse de Sébastien », comme le souligne la chanson.

 

Agnès Bayou

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