Olivia Ruiz sur scène, encore plus que sur CD, c’est tout un poème. Tout un univers plutôt. Quelque chose d’assez imposant d’ailleurs. Quand elle arrive avec ses huit musiciens, guitaristes, batteur, bassiste, choristes, accordéon, cuivres, avec sa cage à oiseau illuminé en fond de scène, son immense miroir sur la droite et ses pieds de micro entourés de guirlandes de fleurs rouges, on entre immédiatement dans son petit monde poétique.
Elle, longs cheveux châtains lâchés, robe rouge et noir de danseuse de flamenco, a tout d’une passionaria. Maline, elle débute avec un de ses tubes, Les crêpes aux champignons et le public suit, forcément… Très sensuelle, la belle chante alors en espagnol et en anglais (pour Spit The Devil) tout en dansant d’un bout à l’autre de la scène en faisant virevolter les volants de sa robe à froufrous. Les musiciens changent d’instruments presque à chaque morceau. C’est un joyeux bordel très organisé qu’Olivia, en femme fatale, gère de main de maitresse.
Quand le grand miroir se met à pivoter, réfléchissant les jeux de lumières dans la salle et qu’elle chante le plu doux Peur du noir, c’est un peu comme si Alice aux pays des merveilles s’était invitée au Phénix. Quand arrive le moment d’Elle panique, les cuivres s’en donnent à cœur joie, improvisent de petites chorégraphies entre eux et offrent une dimension nouvelle, encore plus énergique et chaleureuse, à ce show hors du commun. Entre orientale et andalouse, la danseuse-chanteuse Olivia emporte tout le public avec elle et, entre les moments de liesse et ceux où 6 000 personnes reprennent en chœur toutes les paroles, c’est une véritable osmose qui se met tout de suite en place. Pour J’traine des pieds, qu’elle chante à moitié en espagnol (son Chica Chocolate a connu un beau succès de l’autre côté des Pyrénées), un de ses choristes-multi instrumentistes vient l’accompagner pour danser quelques pas de charleston.
Pour Thérapie de groupe, l’andalouse se fait tzigane et entraine ses musiciens dans une folle ambiance festive. Belle à en crever est un autre moment fort de la soirée pour ses fans, qui finissent par reprendre à pleins poumons le refrain en chœur, sans musique, ce qui semble vraiment émouvoir Olivia. Après plusieurs titres en espagnol et en français, dont Le saule-pleureur, qu’elle termine a-capella, c’est au tour de son méga tube La femme chocolat. Qui cloture le show en beauté même si l’on se doute que le rappel va pointer son nez. Et quand toute la fine équipe repointe son nez, c’est pour un des plus touchants titres jamais chantés par Olivia : La Llorona, de la regrettée Lhasa, passée de nombreuses fois à Bourges. Tous les musiciens chantent avec Olivia et offrent une force émotionnelle supplémentaire. Et, alors qu’on pensait vraiment le concert terminé, la petite voix à l’accent du sud-ouest si reconnaissable annonce qu’elle a trouvé des copines en coulisses et qu’elle les amène sur scène. Ce sont trois des Françoises (méconnaissable avec des déguisement, peut-être Jeanne Cheral et Emilie Loizeau, mais pas sûr) qui viennent chanter avec elle un titre… en espagnol, encore !`
Jolie bête de scène, Olivia Ruiz confirme qu’elle est aussi généreuse sur scène que sur disque.
Adeline Lajoinie